La genèse de Manou Partages

La fondatrice de l’association, Sophie, est arrivée sur Rezé en 2010 avec ses deux enfants en bas âges, Inès et Hugo. Tous les 3 ont emménagé au sein du quartier ‘Château’. Lors de la visite de présentation aux voisins, ils rencontrèrent une mamie vivant seule, qui les accueillit avec un large sourire. Au fil du temps, tous les 4 apprirent à se connaître et passèrent régulièrement des moments ensemble : jeux, lecture, discussion…et surtout l’écoute…l’écoute de toutes les histoires vécues par cette mamie au grand cœur. Un beau jour, les enfants demandèrent s’ils pouvaient surnommer la mamie, « Manou », la mamie accepta cette proposition avec une grande joie pour le plus grand plaisir des enfants.

Manou…

« Manou », une femme exceptionnelle qui était tournée vers les autres et surtout vers les enfants pour lesquels elle a dévoué toute sa vie en accueillant et élevant de nombreux enfants pendant plusieurs années dans le cadre de son statut de famille d’accueil.

Au-delà des liens du sang, les liens du cœurs sont parfois plus forts… c’est exactement ce qui s’est passé avec « Manou » : les enfants de Sophie considérèrent « Manou » comme leur propre mamie et « Manou » les considéra comme ses petits enfants. Sophie, ses enfants et « Manou », ont noué une forte relation au fil des jours, ils passèrent des moments privilégiés. « Manou » avait pour habitude de dire que Sophie et ses enfants étaient son rayon de soleil de la semaine… »Manou » était leur soleil de la semaine.

C’est de cette rencontre qu’est née l’idée de tisser du lien social intergénérationnel de proximité. Pour permettre aux enfants, aux parents et aux séniors de se rencontrer, de partager… d’avancer ensemble !

« Manou » est décédée en décembre 2012, Sophie a souhaité rendre hommage à « Manou » en intitulant l’association Manou Partages.

Des constats individuels, sociétaux et locaux pour une finalité : favoriser le lien intergénérationnel

Une société humainement morcelée, individualiste et hyperactive

Des grands-parents qui ne se retrouvent pas dans les valeurs, les normes, les tendances de la jeunesse à défaut de la rencontrer.

Des aînés, retraités que la société exclue de manière croissante et qui se retrouvent isolés physiquement, matériellement et socialement parlant.

Des enfants, des adolescents qui perdent les valeurs, les connaissances, les savoir-faire de leurs aînés à défaut d’espace de partage.

Des parents qui n’ont plus le temps, les possibilités, d’assurer le rôle tenu d’ordinaire par les grand-parents (et qui ne peuvent par définition s’y substituer).

Trois générations qui en oublient de se rencontrer dans une société où le fossé intergénérationnel se creuse et où le respect voit ses fondations s’ébranler par la dynamique individualisme et la méconnaissance, la non-rencontre de l’autre.

Des besoins et des manques pour trois générations

Evénement Barakason 2015

Des grands-parents :
Qui ressentent le besoin de transmettre de l’affection, leurs savoirs, leurs connaissances.
Isolés avec tout ce qu’implique cet isolement au niveau social et affectif.
Sans petits-enfants.
A qui il reste de la place dans leur vie et dans leur coeur à mettre au profit de l’Autre.

Des enfants, des adolescents:
Qui ont perdu partiellement ou complètement le contact avec leurs grand-parents naturels pour diverses raisons.
Qui ressentent cet absence de lien comme un manque affectif, un manque à se construire.
Qui recherchent des repères, des points d’encrage autres que ceux de la sphère parentale.

Des parents :
Qui se sentent démunis face au manque, à la souffrance d’un enfant en demande de grand-parents.
Qui souhaitent que leurs enfants bénéficient d’un lien affectif à part entière, d’une transmission éducative et citoyenne autre mais complémentaire.
Qui souhaitent eux aussi créer un lien fort avec des grand-parents d’adoption autour du bien-être, de l’affection et de l’éducation de l’enfant.

Un manque cruel de se rencontrer en local

Des associations de « Grand-parents de coeur » existent mais elles interviennent au niveau national et à travers une plateforme web de rencontre. Il n’existe pas d’antenne de proximité sur Nantes, son agglomération et plus largement au niveau du département de la Loire Atlantique .
Les diverses associations, qu’elles soient sportives ou culturelles, s’adressent à un public précis en fonction d’activités souvent unigénérationnelle.
Pour se rencontrer, même au niveau local, il faut se déplacer ce qui n’est pas aisé pour certaines personnes.

Et les résidents des EHPAD, des maisons de retraite et des résidences séniors ?

Manou Partages n’oublie pas les résidents des EHPAD, des maisons de retraite et des résidences séniors qui sont eux aussi confrontés à des situations d’isolement et en manque d’échange avec les jeunes générations. Ici il est question de permettre aux résidents de passer un moment convivial, le temps d’un après-midi, avec les enfants. Manou Partages, ponctuellement, tisse des ponts entre les séniors présents dans les maisons de retraite, les EHPAD, les résidences séniors et les familles adhérentes à Manou Partages. Ceci par l’organisation de temps de rencontre au sein des établissements et en invitant les résidents aux Moments Manou organisés le dernier dimanche de chaque mois au sein du quartier Château à Rezé.

Ces personnes ont beaucoup à transmettre. C’est ce que constate Manou Partages lors des actions menées au sein de l’EHPAD et de la résidence séniors du Clos de l’Île Macé à Rezé (ORPEA). Dès lors où le résident est au contact des enfants, son visage change, le sourire est là.
Si cela ne dure que quelques heures, ce sont des heures importantes. Les aînés sont ainsi à la rencontre d’enfants toujours plein de vie qui viennent apporter des sourires aux résidents. Ils sont aussi l’occasion de parler, d’échanger, de sortir de la routine quotidienne. Un excellent moyen pour rester en forme et garder la bonne humeur. C’est une source de stimulation, un rdv incontournable dans la vie des résidents. Ces rencontres sont aussi l’occasion de pratiquer des petites activités (atelier créatif, atelier chocolat atelier lecture…) qui ne font pas partie du programme habituel de la vie en EHPAD. Le bénéfice ne se fait pas que pour les séniors. Les enfants aussi y sont gagnants. C’est l’occasion pour eux tout d’abord de changer de cadre et d’activités. C’est surtout l’opportunité de se confronter au 3 ème âge. En fonction de leur âge, c’est le moment d’apprendre le vivre-ensemble avec une autre génération. C’est parfois l’occasion de transmettre des souvenirs, un savoir-faire, des passions, des habitudes et des coutumes que les jeunes générations ne perpétuent plus. Quel que soit le vecteur choisit, on constate que ces rencontres intergénérationnelles sont toujours des réussites….Car finalement les activités proposées sont des prétextes, des supports à l’échange, à la communication.

Une finalité

Favoriser le lien intergénérationnel par la mise en relation d’individus en manque et en besoin d’une relation de cœur autour du partage.